Exposition
Joan Miró: Sculptures 1928-1982
Du 20 Mars, 2018 au 2 Septembre, 2018
Commissaires: Mª José Salazar, membre du Comité Consultatif des Arts Plastiques de la Fundación Botín, et Joan Punyet Miró, petit-fils du peintre et représentant de la Succession Miró.
L’œuvre sculptée de Joan Miró (1893-1983), particulièrement personnelle et libre, constitue un monde propre, parfois qualifié de « mironien » qui trouve son origine entre 1912 et 1915 dans ses années de formation.
En 1920 Joan Miró part vivre à Paris. Sa conception de la sculpture en matière de formes, volumes et utilisation de matériels divers, trouve son origine dans les avant-gardes, tout particulièrement le dadaïsme, par l’usage de matériaux du quotidien –ready made- et le surréalisme, qui l’amène à synthétiser les formes, tandis qu’il trouve son langage du côté de l’onirisme.Sa première incursion dans la sculpture a lieu en 1928, et a pour origine l’inclusion d’objets dans des compositions bidimensionnelles, qui le conduisent à la production d’œvres en trois dimensions. C’est un point d’inflexion, de recherche et de rupture où il crée des œuvres au format pictural dans un cadre traditionnel, en travaillant le collage pour évoluer vers des formes plus synthétiques.
Au début de la Seconde Guerre Mondiale, Joan Miró quitte Paris pour la Normandie, où il demeurera jusqu’à son retour en Espagne, en 1942. Ce sont des années d’isolement, de solitude et de réflexion après tout ce qu’a vécu l’artiste et durant lesquels il écrit et rêve d’avoir un atelier dans lequel travailler. En 1944 il se remet à la sculpture et commence alors ce qu’on peut appeler sa deuxième période. C’est la véritable naissance du Miró sculpteur.
Le transfert de sa résidence à Majorque, la construction de l’atelier de Josep Lluis Sert et l’acquisition de la vieille ferme de Son Boter, qui lui sert aussi d’atelier, lui permettent de travailler dans différents lieux et d’atteindre sa maturité artistique et sa pleine liberté d’expression dans sa sculpture.
C’est à cette époque qu’il commence à utiliser le bronze, un matériau académique traditionnellement utilisé en sculpture et qui est à l’opposé de l’esprit de son propre travail, infatigable et novateur, mais qui lui permet l’assemblage des objets qu’il a dénichés.
Après une brève période de silence et de réflexion, il se remet à la sculpture en 1962, date qui ouvre la troisième période, la plus féconde et créative de sa production, qui naît de l’assemblage de matériaux et la transformation d’objets dénichés dans la nature et au cours de laquelle l’utilisation de nouveaux matériaux, qui décuplent son imagination, occupe une grande place et donne lieu à de nouvelles formes équilibrées et poétiques. C’est aussi à ce moment-là que l’artiste se lance dans la sculpture monumentale et qu’il commence à créer une sculpture en bronze coloré sur les conseils de Giacometti.
On pourrait penser que ces œuvres sont formées d’un improbable assemblage d’objets obtenu au hasard, mais rien n’est moins vrai. Miró devinait et recherchait les formes en suivant toujours un principe d’association. L’artiste dépouille les objets de leur identité pour leur en donner une autre et constituer, en association avec les autres objets, une figure individuelle ayant son caractère propre, et lui conférant une unité par son regard poétique. Pour y parvenir, il se sert de la photographie de l’assemblage de la pièce, ou d’esquisses préalables.
C’est au cours de ses dernières années de création, sa quatrième période, qu’il reçoit des commandes importantes de sculptures destinées à occuper des espaces publics de Barcelone, Madrid, Chicago, Milan ou Paris, ce qui comblait son aspiration à ce que l’art puisse éveiller des émotions chez le spectateur.
Quasi nonagénaire, l’artiste poursuit son travail de sculpteur, auquel il confère peutêtre une puissance jusque-là inconnue, mais dans lequel son intuition et sa créativité sont plus palpables.
Dans toute son œuvre sculptée, il s’oppose à la sculpture traditionnelle et cherche à entrer en relation avec le spectateur, en établissant avec lui un dialogue poétique et libre qui imprègne et transforme sa perception.
Une exposition exceptionnelle qui marque un avant et un après pour comprendre le langage sculptural de Joan Miró et qui présente un ensemble allant de sa première pièce, qui remonte à 1928, à la dernière, créée à l’âge de 90 ans.
Prix
Gratuit pour les Amis du Centro Botín